Charlie et Josh sont deux anciens de SOI qui travaillent maintenant pour Parcs Canada, au Nunavut. Nous les avons interviewés à propos de leur travail actuel et leurs passions. Ils en profitent aussi pour partager leurs plus beaux souvenirs d’expédition, leurs buts dans la vie et terminent en donnant quelques conseils pour les jeunes.

Cette entrevue est rendue possible grâce au soutien de Parcs Canada.

Entrevue avec Charlie et Josh

Présentations

Charlie: Bonjour, je me nomme Charlie Nakashuk. Je suis originaire de Pangnirtung et je vis maintenant à Iqaluit. J’adore lire et écouter de la musique, mes deux passe-temps favoris.

Josh: Mon nom est Josh Komangapik. Je suis originaire d’Iqaluit. Ma famille du côté de ma mère vient d’Iqaluit et celle du côté de mon père de Pond Inlet et Mittimatalik. J’ai cinq sœurs plus jeunes. Mes passe-temps préférés son la pêche, la randonnée et passer du temps avec mes amis et ma famille. 

 

Question 1: À quelle expédition avez-vous participé? Quel impact a eu l’expédition dans vos vies?

Josh: J’ai participé à l’expédition de 2018 en Arctique. C’est une amie, et ancienne de SOI, qui m’a donné le goût de participer au voyage en me disant qu’il s’agissait d’un programme très intéressant portant sur plusieurs de mes principaux intérêts, dont l’environnement et l’exploration du monde. J’ai pensé qu’il s’agissait d’une opportunité vraiment emballante. Lorsque j’ai voulu m’inscrire, la date limite des inscriptions était passée, mais je me suis repris l’année suivante et je me suis inscrit à nouveau!

Charlie: J’ai participé à l’expédition de 2008 en Arctique. C’est un des orienteurs de mon école qui m’a parlé du programme de SOI en me suggérant de m’y inscrire. Je me suis donc inscrit, mais sans trop savoir de quoi il s’agissait. Tout ce que je savais, c’est que c’était un programme basé sur les sciences et j’adores les sciences, alors j’ai accepté de m’inscrire et j’ai été accepté. 

Quel a été l’impact de l’expédition dans vos vies?

Josh: Mon expérience avec SOI m’a aidé à devenir plus ouvert aux autres, moins timide. Ça a aussi, bien sûr, rallumé ma passion pour l’environnement. J’ai beaucoup aimé pouvoir rencontrer des jeunes de partout en Arctique et de voir différentes régions de l’Arctique. Ça m’a aidé à apprécier davantage l’environnement dans lequel je vis. 

Charlie: J’ai pu approfondir mes connaissances en sciences et mieux comprendre les effets des changements climatiques. Je suis un mordu de sciences depuis que je suis enfant et j’aime les sciences encore plus maintenant grâce à ce voyage. C’était tellement incroyable d’apprendre toutes sortes de choses des botanistes et ornithologues qui nous accompagnaient. J’ai vraiment aimé avoir la chance de rencontrer des gens de partout au monde. C’était tout simplement incroyable! 

 

Question 2: Y a-t-il un souvenir ou un moment de l’expédition qui vous a particulièrement marqué?

Charlie: Il y en a tellement! Le moment le plus marquant pour moi, je crois, a été lorsque nous étions en Zodiac vers la baie Isabella, près de Clyde River. Nous avons croisé plusieurs baleines boréales qui nageaient tout près de nous. C’était incroyable! Nous avons éteint tous les moteurs et nous pouvions entendre les baleines respirer. Leurs nageoires fracassaient l’eau, c’était spectaculaire. Ça m’a fait sentir… je ne sais trop, c’est encore difficile à expliquer. Nous étions tellement petits comparativement à eux. Ce sont des animaux tellement incroyables. 

Josh: Et bien, il est difficile de répondre à cette question parce que les moments magiques lors de cette expédition sont tellement nombreux. De vivre et de partager toutes ces expériences avec des gens passionnants a sans aucun doute été un des aspects du voyage que j’ai préféré. Les jeunes participants étaient tellement emballés par tout ce qui se déroulait et engagés dans les différentes activités. Il était aussi très intéressant de rencontrer différents scientifiques, politiciens, philanthropes et plusieurs autres personnes passionnées par leur domaine d’intérêt. Alors ce qui a été le plus marquant pour moi demeure les gens que j’ai rencontrés, dont les Inuits de partout en Arctique et les autochtones provenant de divers endroits dans le monde. 

Y a-t-il des gens qui vous ont particulièrement marqué? 

Josh: Je crois que son nom est Valérie Courtois. Elle nous a parlé du programme des gardiens autochtones et de la gestion autochtone dans les aires de conservation. Ça a été très révélateur pour moi de l’entendre nous parler ainsi de protection de l’environnement du point de vue des Premières Nations. Ça m’a donné le goût de travailler dans le domaine de la conservation. 

 

Question 3: Pouvez-vous nous décrire votre travail à Parcs Canada? 

Charlie: Je participe au programme sur l’apprentissage et le développement des Inuits (PAPI), mené par Pilimmaksaivik, le Centre d’excellence fédéral pour l’emploi des Inuits au Nunavut. Je suis sur un horaire rotatif de quatre mois avec Parcs Canada et je travaille avec l’équipe responsable de la conservation des ressources sur différentes évaluations d’impacts environnementaux. Je travaille donc sur plusieurs projets pour Parcs Canada. Pour l’un des projets, j’ai créé une fiche aide-mémoire qui sera utilisée pour un nouveau programme de recensement sur le terrain. J’ai aussi travaillé sur un projet en lien avec une station météo qui enregistre des données météo au parc national Quttinirpaaq, tous les ans. Les données amassées grâce aux stations météo dans les parcs servent à dresser le portrait des tendances climatiques pour nos programmes de surveillance d’intégrité écologique. L’une des données enregistrées toutes les heures par les stations météo est la vitesse du vent. Nous avons ainsi constaté qu’entre 2014 et 2016, la vitesse du vent enregistrée par la station météo s’est avérée plus lente que lors d’autres années. Les employés de Parcs Canada mesurent et enregistrent aussi la vitesse du vent grâce à un appareil portable, matins et soirs, durant la saison estivale. Dans un projet parallèle, nous avons décidé de comparer les données recueillies par la station météo et par les employés manuellement. Nous suspections que des mises à jour au programme qui enregistre les données à la station météo aient pu changer la façon dont les données vitesse du vent sont enregistrées. Pour vérifier cette hypothèse, j’ai créé une base de données combinant les données de vitesse du vent de la station météo aux données recueillies par l’appareil portable. J’ai fait un graphique pour comparer les différentes vitesses de vent recueillies et j’ai rédigé un rapport à partir de mes résultats. J’aide maintenant l’équipe de gestion des ressources culturelles avec un autre rapport pour le parc natinonal Ukkusiksalik. 

Josh: Je suis un planificateur pour l’unité de gestion du Nunavut de Parcs Canada. J’aide donc à la rédaction d’un plan stratégique de 10 ans sur la gestion des parcs nationaux au Nunavut. L’article 8 de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut définit le processus pour la création de nouveaux parcs nationaux dans le Nunavut. Selon l’article 8, préalablement à l’établissement d’un parc national, Parcs Canada et une organisation inuite désignée doivent négocier et ratifier une entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits. Je travaille présentement sur le nouveau plan directeur du parc national Auyuittuq, qui relève de l’entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik. Je travaille en collaboration avec les Inuits des communautés adjacentes à ces parcs nationaux. Je travaille avec des équipes de planification de Parcs Canada, qui sont composées de membres de communautés et de membres du Comité mixte de planification et de gestion du parc, au sein duquel sont représentés les Inuits du Nunavut et le gouvernement, pour créer les plans directeurs de 10 ans. J’organise aussi des consultations avec le public, divers départements gouvernementaux, des membres de communautés et des gens du secteur privé. Il m’arrive de devoir voyager dans différentes communautés pour informer les gens des développements concernant le plan directeur du parc national de leur région. L’une des choses que je préfère de cet emploi, c’est d’avoir la chance de travailler de concert avec les aînés, les détenteurs du savoir autochtones et les membres des communautés inuites.

 

Question 4: Quel lien pouvez-vous faire entre votre expérience d’expédition avev SOI et votre travail actuel à Parcs Canada? 

Josh: L’année où j’ai participé à l’expédition, en 2018, j’ai obtenu un emploi étudiant pour le volet Parcs du Nunavut et ses endroits spéciaux du gouvernement du Nunavut. À l’époque, Parcs Canada menait plusieurs consultations pour le développement du plan directeur de l’aire marine nationale de conservation Tallurutiup Imanga. 

Parcs Canada m’a parrainé pour que je participe à ces consultations en tant que secrétaire. J’ai acquis beaucoup d’expérience professionnelle sur la façon dont se déroule ces consultations pour les aires de conservation du Nunavut. Ça a été une expérience extraordinaire qui m’a permis de me rendre où je suis aujourd’hui.   

J’ai eu la chance de me rendre dans cinq communautés voisines cet été là (Arctic Bay, Clyde River, Pond Inlet et Resolute), cela avant de participer à l’expédition de SOI, qui a été une expérience incroyable. Je suis donc allé à Pond Inlet au printemps pour les consultations et j’y suis retourné durant l’été avec Students on Ice. Ça a été très spécial d’y voir la transition du printemps à l’été.

Plus tard, cet été là, lors de l’expédition de SOI, j’ai voyagé au sein même de Tallurutiup Imanga, que je n’avais vu que sur papier, sur les cartes du Nunavut durant les consultations. Ça a été très marquant pour moi. 

Charlie: J’ai commencé avec Parcs en juin, l’été dernier, alors je n’ai eu la chance que de faire du travail de bureau jusqu’à maintenant. L’expérience de SOI a été très immersive et tout ce que j’ai appris au niveau scientifique a un lien avec mon travail actuel pour Parcs. Je rédige maintenant des rapports sur nos recensements de la faune. 

 

Question 5: Où vous voyez-vous dans 10 ans? 

Josh: C’est un peu difficile de répondre à cette question, surtout dans le contexte actuel de pandémie, mais je souhaite me marier l’année prochaine avec ma fiancée extraordinaire. L’an prochain, ou dans deux ans, j’espère aussi pouvoir débuter une maîtrise en Études nordiques à l’Université de Carleton et un jour j’aimerais faire une maîtrise en gestion de la conservation à l’Université de Guelph dans le but de pouvoir avoir un rôle important à jouer en politique environnementale au Nunavut. Je souhaite faire une différence pour protéger nos territoires. J’espère aussi devenir un bon modèle pour mes sœurs. 

Charlie: Je ne sais pas, je n’y ai pas encore pensé, mais je sais que je vais retourner à l’école, je n’ai juste pas encore décidé dans quel programme exactement. J’hésite entre la biologie du comportement animal et d’autres matières. Mais chose certaine, je souhaite obtenir un diplôme et travailler quelque part de bien. J’aime particulièrement les animaux, les oiseaux migrateurs et la conservation. Les corbeaux sont mes oiseaux préférés. Ils sont géniaux, ils sont intelligents et j’adore leur couleur! Durant l’expédition, je me souviens d’ailleurs d’avoir été très impressionné par la colonie de Guillemot de Brünnich que nous avons croisée!

 

Question 6: Avez-vous des conseils à donner aux jeunes qui lisent cette entrevue?

Charlie: N’hésitez pas à prendre des risques et à essayer de nouvelles choses. N’ayez pas peur du changement!

Josh: Peu importe ce que vous choisirez de faire après vos études secondaires, sachez que ça n’a pas à être un choix pour la vie. Si vous vous rendez compte que vous n’êtes pas heureux avec le choix de programme scolaire ou de carrière que vous avez fait, sachez que vous avez toujours la possibilité d’aller vers autre chose. Lors de mes études post-secondaire, j’ai changé trois fois de programme avant de finalement aboutir là je voulais vraiment être, là où j’étais véritablement heureux. Se sentir pris quelque part où l’on ne se sent pas bien est désagréable. N’ayez pas peur de faire des erreurs, de vous tromper et n’ayez pas peur du changement! 

 

Auriez-vous autre chose à ajouter?

Josh: Et bien, j’aimerais remercier Students on Ice pour l’incroyable expérience qu’ils m’ont permis de vivre et pour m’inclure dans le cercle et les délégations des anciens de SOI. Je leur souhaite de pouvoir reprendre leurs expéditions lorsque la pandémie sera terminée. 

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail avec Parcs Canada?

Charlie: Ce que j’aime le plus c’est d’être très occupé. Mes collègues sont formidables! C’est encore tout récent mon embauche pour Parcs Canada alors je n’arrive pas encore à me décider sur ce que j’aime le plus dans mon travail!

Charlie Nakashuk
Charlie Nakashuk est originaire de Panniqtuuq, au Nunavut. Charlie participe au programme sur l’apprentissage et le développement des Inuits (PAPI), mené par Pilimmaksaivik, le Centre d’excellence fédéral pour l’emploi des Inuits au Nunavut. PAPI est un programme de stage préalable à l’embauche, où les participants sont appelés à travailler pour trois départements du gouvernement fédéral différents, sur des périodes de quatre mois. Charlie a effectué ses premiers quatre mois de stage au Service canadien de la faune, à Environnement et Changement climatique Canada. Son second placement en milieu de travail a eu lieu à Ressources naturelles Canada pour le Programme du plateau continental polaire. Son troisième stage, où il travaille actuellement, s’effectue avec l’équipe responsable de la conservation des ressources à Parcs Canada. En septembre, Charlie retournera à Environnement et Changement climatique Canada pour son dernier stage en milieu de travail. Charlie n’a pas hésité à s’enrôler dans cette série de stages du programme PAPI puisqu’il était vivement intéressé par l’aspect scientifique et le travail de terrain des stages. Il a beaucoup aimé son expérience jusqu’à maintenant. 

Avant d’entamer ce programme, Charlie travaillait au Isumaqsungittukkuvik, un centre pour jeunes délinquants de sa région. Les passetemps préférés de Charlie sont la lecture et écouter de la musique.

Josh Komangapik
Mon nom est Josh Komangapik, je suis un Inuit de 26 ans et je suis responsable de la planification de gestions des parcs nationaux pour l’unité de gestion du Nunavut de Parcs Canada, basée à Iqaluit, NU. Ma famille du côté de ma mère est originaire d’Iqaluit et celle de mon père de Pond Inlet. Je détiens un baccalauréat en géographie de l’Université Bishop (2018). Je suis passionné par les droits des Inuits/autochtones, par la conservation, l’enjeu de la sécurité alimentaire et les changements climatiques.

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